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Côté confédéré, c’était Berne, souhaitant agrandir son territoire en direction du pays de Vaud savoyard et du pied du Jura, qui était la force motrice. A Morat, les Suisses et leurs alliés du Haut-Rhin et de Lorraine remportèrent le 22 juin 1476 leur deuxième victoire sur Charles de Bourgogne. Le 2 mars déjà, ils l’avaient repoussé à Grandson et fait riche butin. L’armée bourguignonne de 20 000 hommes, prise de panique lors d’une manœuvre de regroupement, avait pris la fuite. L’hiver suivant, une armée de Lorrains, d’Autrichiens et de Confédérés battit une nouvelle fois la Bourgogne près de Nancy (le 5 janvier 1477). Charles tomba dans cette bataille.
Le siège de Morat Après la bataille de Grandson, le Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire réorganise ses troupes dispersées, dans la région de Lausanne. Vers la fin du mois de mai, il se dirige vers Berne par la Broye. Après plusieurs jours de marche, elle arrive le 9 juin au pied de la ville de Morat défendue par une garnison de Bernois et de Fribourgeois d'environ commandée par Adrian von Bubenberg. Charles le Téméraire dispose ses troupes et boucle le pourtour terrestre de la ville. Le côté lac permet le ravitaillement et les échanges. Après d'intenses bombardements, le Duc de Bourgogne attaque la ville de Morat afin de la conquérir. Après 8 heures de défense acharnée, la garnison de la ville repousse les troupes de Charles le Téméraire. Les Bernois ont alerté l'armée confédérée dont les troupes qui se réunissent et s'organisent à Ulmiz au-delà de la forêt de Galm. Les Confédérés passent à l'attaque et surprennent Charles le Téméraire et rédui-sant ses redoutables canons au silence et en semant la panique dans les rangs Bourguignons dont plusieurs se noient en cherchant la fuite du côté lac.
Déroulement de la bataille à Morat Les deux armées étaient très inégales en termes d’armement et de stratégie, ne laissant guère de chance de victoire aux Confédérés. L’armée de Charles comptait 22’000 hommes, dont 5700 archers, 5100 fantassins et 2100 cavaliers lourds. Les mercenaires étaient avant tout originaires d’Italie et de Savoie; 900 archers venaient d’Angleterre. Charles ayant perdu à Grandson ses nouveaux canons aux tubes coulés en laiton, tombés aux mains des Confédérés, il dut utiliser à Morat des modèles plus anciens. Les Confédérés et leurs alliés étaient environ 24’000, essentiellement armés de piques longues, de hallebardes et de haches de d’arcs combat, avec des petits groupes équipés ou d’arbalètes. Ils comptaient également 1800 cavaliers, surtout des Autri-chiens et des Lorrains. Charles avait prévu la bataille en haut, dans les champs au nord et à l'ouest de Salvagny. Il entendait arrêter les Confédé-rés venant de la forêt de Galm à la palissade dite Grünhag, puis les écraser avec l’artillerie par la gauche et la cavalerie par la droite. Les Confédérés constituèrent trois blocspour une attaque frontale en plusieurs vagues. L’avant-garde se composait de ti-reurs (arcs et arquebuses) et de piquiers, le gros des troupes de hallebardiers entourés de piquiers, et l’arrière-garde de hallebardiers. L’attaque confédérée fut inattendue, après une matinée avec beaucoup de pluie, de sorte que seuls 2000 hommes des troupes de Charles étaient en position. L’attaque frontale contre la palissade et l’artillerie échoua tout d’abord, mais une troupe de Schwyz réussit à franchir le fossé et à déborder latéralement l’artillerie et les archers bourguignons. L’avantgarde put enfin forcer la palissade et pénétrer dans les camps. C’est alors seulement que l’armée de Bourgogne fut alertée. Ceux qui ne parvinrent pas à s’enfuir comme Charles le Téméraire furent tués en corps à corps, dans le camp ou dans la déroute. 10 000 à 12 000 hommes (sur environ 22 500) de l’armée bourguignonne tombèrent; les Confédérés en perdirent 400 sur une armée en comptant probablement 24 000, la plupart en haut lors de l'attaque frontale du Grünhag.
Importance de la bataille Morat fut décisif pour la préservation de l’indépendance des Confédérés, qui allaient devenir quelque temps une grande puissance et des mercenaires fort recherchés. Les gains de territoires, en revanche, étaient modestes: Berne gagna Erlach et Aigle ainsi que, conjointement avec Fribourg, Morat, Grandson, Orbe et Echal- lens. Fribourg et Soleure rejoignirent la Confédération. En même temps, des jalons décisifs furent posés pour l’histoire de l’Europe. Les véritables gagnants étaient la France et l’Autriche. La France obtint la Bourgogne et la Picardie, tandis que les terres de Forêt Noire et de Haute Alsace revinrent à l’Autriche.
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